Responsable GPEC

≈ 40 K€

Bac +5

300 salariés

Cadre

La GPEC, pour gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, part d’une question simple : de quelles compétences l’entreprise aura-t-elle besoin dans trois ou cinq ans, et lesquelles possède-t-elle déjà ? Le responsable GPEC est chargé d’y répondre, puis d’organiser le passage de l’un à l’autre. Il cartographie les emplois, construit les référentiels métiers et de compétences, repère les postes appelés à se transformer et propose les actions qui s’imposent, qu’il s’agisse de formation, de mobilité interne, de recrutement ou d’accompagnement des reconversions.

Tout commence par un diagnostic chiffré. Pyramide des âges, départs à la retraite prévisibles, turn-over, postes difficiles à pourvoir : ces données font apparaître l’écart entre les effectifs d’aujourd’hui et ceux que réclame la stratégie de l’entreprise. Le responsable GPEC présente ensuite ses conclusions à la direction et aux managers, avec qui il arbitre les priorités. Le poste est donc bien moins administratif qu’on l’imagine, et il demande de comprendre les métiers de l’entreprise au moins autant que les outils RH.

L’intitulé varie d’une organisation à l’autre. Les offres parlent aussi de responsable GEPP, de responsable emplois et compétences, de responsable de la gestion des carrières ou, dans la fonction publique, de chargé de GPEC. France Travail rattache la fonction au code ROME M1503, sous l’appellation « responsable de la gestion des effectifs, des emplois et des compétences ». Dans une PME, c’est en général le responsable des ressources humaines qui assure lui-même ces missions.

Ses missions principales

Réaliser le diagnostic des emplois et des compétences de l’entreprise
Construire les référentiels métiers et la cartographie des emplois
Anticiper les besoins liés à la stratégie et aux départs prévisibles
Bâtir les plans de développement des compétences, de mobilité et de recrutement
Préparer l’accord GEPP avec les partenaires sociaux et en suivre l’application
Piloter les indicateurs sociaux et le reporting de la démarche

GPEC ou GEPP : ce que dit la loi

Depuis les ordonnances de 2017, le Code du travail parle de GEPP, pour gestion des emplois et des parcours professionnels. Le nouveau nom élargit la démarche : prévoir les besoins de l’entreprise ne suffit plus, il faut aussi accompagner le parcours de chaque salarié. Dans les offres d’emploi comme dans les services RH, les deux sigles désignent pourtant toujours le même métier.

Dans les grandes entreprises, la négociation est obligatoire. Les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés doivent négocier sur la gestion des emplois et des parcours professionnels au moins une fois tous les quatre ans (article L2242-2 du Code du travail). Sans accord qui fixe un autre calendrier, cette négociation revient tous les trois ans. Elle porte alors sur le dispositif de GPEC lui-même, la formation, l’abondement du compte personnel de formation, la VAE, le bilan de compétences et la mobilité, et elle doit intégrer depuis 2021 les enjeux de la transition écologique (article L2242-20). C’est le responsable GPEC qui prépare ce dossier avant la négociation, puis veille à ce que l’accord signé soit appliqué.

Le métier emprunte à plusieurs disciplines. Il faut connaître le droit social, puisque la démarche se négocie avec les représentants du personnel, et savoir manier les données sociales pour bâtir des projections crédibles. Il faut surtout comprendre suffisamment les métiers de l’entreprise pour parler compétences avec un chef d’atelier comme avec un directeur financier. La capacité de conviction pèse enfin lourd : une démarche GPEC ne produit rien si les managers ne se l’approprient pas.

Au quotidien, le responsable GPEC s’appuie sur des outils bien identifiés : référentiels métiers et de compétences, cartographie des emplois, fiches de poste, pyramide des âges, tableaux de bord des effectifs, synthèses des entretiens annuels et professionnels, revues de talents (people reviews). Le SIRH centralise une partie de ces données, mais pour les projections, Excel reste souvent l’outil de base.

Atouts et exigences du métier

Peu de postes donnent une vue aussi large de l’entreprise : on y voit à la fois la stratégie, l’organisation du travail et les trajectoires individuelles. Le revers, c’est la patience qu’il faut, car les effets d’une démarche GPEC se mesurent sur plusieurs années. En période de restructuration, le métier devient aussi nettement plus lourd à porter.

Ce qui plaît

  • Vision transversale de l’entreprise et de ses métiers.
  • Rôle concret dans le parcours des salariés.
  • Sujets variés, entre données, droit social et accompagnement.
  • Tremplin vers le développement RH et la direction RH.

Les contraintes

  • Résultats visibles seulement à moyen terme.
  • Forte dépendance à l’implication des managers.
  • Contextes de restructuration parfois difficiles.
  • Peu de postes dédiés hors des grandes structures.

Comment devenir responsable GPEC ?

Le poste se situe au niveau Bac+5 et se prend rarement en sortie d’école. Pour le poste voisin de responsable de la gestion des carrières, l’Apec évoque au moins cinq ans d’expérience RH, en gestion de carrière, en recrutement ou en formation. Côté diplômes, les recruteurs attendent un master en ressources humaines, en droit social ou en psychologie du travail, ou une école de management avec une spécialisation RH. Selon votre point de départ, trois chemins mènent au poste.

Formation initiale

Bac+5 RH

≈ 5 ans en RH

→ Responsable GPEC

Évolution interne

Chargé de GPEC ou de formation

Promotion interne

→ Responsable GPEC

VAE / formation continue

Expérience RH significative

VAE accompagnée · ISFOGEP

→ Responsable GPEC

Nos formations ISFOGEP pour accéder à ce métier

Le Bac+5 Manager des Ressources Humaines d’ISFOGEP consacre un bloc de compétences entier au management de la stratégie des compétences et des talents, qui comprend le pilotage de la gestion prospective des effectifs, des emplois et des compétences. Préparé en alternance, il permet d’acquérir en entreprise l’expérience que les recruteurs demandent. Si vous sortez d’un Bac+2, le Bachelor Chargé·e des Ressources Humaines (Bac+3) constitue la première étape.

Combien gagne un responsable GPEC ?

Un responsable GPEC qui prend son premier poste perçoit entre 38 000 et 42 000 € bruts par an. Avec l’expérience, la rémunération passe entre 48 000 et 65 000 €, puis entre 75 000 et 90 000 € pour un senior, et approche 100 000 € dans les grands groupes. Michael Page situe le métier de responsable du développement RH et de la gestion des carrières entre 3 000 et 8 333 € bruts par mois, avec un salaire annuel médian de 67 998 € bruts. Waage, qui travaille sur les rémunérations réelles transmises par les entreprises, relève de son côté un salaire de base moyen de 54 785 € bruts annuels, pour des titulaires qui ont en moyenne onze ans d’ancienneté.

La taille de l’entreprise pèse le plus, car un poste entièrement consacré à la GPEC n’existe qu’au-delà d’un certain effectif, et les grands groupes paient mieux que les ETI. Le secteur joue aussi : chez Waage, l’administration publique, le transport et la finance arrivent en tête. Les Yvelines et les Hauts-de-Seine, où de nombreux sièges sociaux sont installés autour de Paris, figurent parmi les départements les mieux rémunérés. Pour garder la mesure, l’Apec, qui analyse les offres publiées pour le poste voisin de responsable de la gestion des carrières, situe 80 % des salaires proposés entre 31 000 et 58 000 € bruts annuels.

Débutant

≈ k€

Confirmé

k€

Senior

k€

Grand groupe

≈ k€

Évolutions possibles

Le poste de responsable GPEC ouvre naturellement sur le développement RH, qui regroupe la GPEC, la formation, la gestion des carrières et celle des talents. Après quelques années, beaucoup prennent la tête de ce pôle comme responsable du développement RH, puis évoluent vers la direction des ressources humaines, où l’habitude d’anticiper, prise en GPEC, sert au quotidien. D’autres rejoignent un cabinet de conseil RH pour accompagner plusieurs entreprises dans leur démarche GEPP, ou se spécialisent dans la mobilité interne et internationale.

Enjeux & tendances

La GPEC a longtemps été vécue comme un exercice réglementaire : un accord signé tous les trois ans, puis rangé dans un tiroir. Elle devient aujourd’hui un vrai outil de pilotage, et quatre évolutions changent directement le contenu du poste. ISFOGEP les traite dans ses formations comme dans son colloque RH annuel.

Vos questions sur le métier de responsable GPEC

Il compare les compétences dont l’entreprise dispose avec celles dont elle aura besoin à moyen terme, puis organise les actions qui permettent de combler l’écart : formation, mobilité interne, recrutement, accompagnement des reconversions. Il prépare aussi la négociation GEPP avec les représentants du personnel et suit l’application de l’accord.

La GEPP, gestion des emplois et des parcours professionnels, est le nom retenu par le Code du travail depuis les ordonnances de 2017. Elle reprend la GPEC et y ajoute l’accompagnement du parcours de chaque salarié. Dans les offres d’emploi, les deux sigles désignent le plus souvent le même poste.

Entre 38 000 et 42 000 € bruts par an sur un premier poste, de 48 000 à 65 000 € pour un profil confirmé et de 75 000 à 90 000 € pour un senior, jusqu’à 100 000 € environ dans les grands groupes. Michael Page estime le salaire annuel médian du métier à 67 998 € bruts.

La négociation l’est pour les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés, qui doivent négocier sur la gestion des emplois et des parcours professionnels au moins une fois tous les quatre ans (article L2242-2 du Code du travail). Les structures plus petites n’y sont pas tenues, mais beaucoup mènent une démarche volontaire pour anticiper leurs départs et leurs besoins en compétences.

Un Bac+5 en ressources humaines, en droit social ou en psychologie du travail, complété par plusieurs années d’expérience RH. Le Bac+5 Manager des Ressources Humaines d’ISFOGEP, en alternance, comprend un bloc consacré à la stratégie des compétences et à la GPEC. Avec une expérience déjà solide, la VAE permet d’obtenir le titre sans reprendre d’études.

Le goût des chiffres pour construire des projections fiables, de l’écoute pour accompagner les salariés dans leurs choix de carrière, et de la conviction pour embarquer les managers. La discrétion compte aussi beaucoup, car le poste manipule des informations sensibles sur les parcours et les départs.

Le responsable formation construit et achète les actions de formation. Le responsable GPEC intervient en amont : il identifie les compétences à développer, et la formation n’est pour lui qu’un levier parmi d’autres, avec la mobilité et le recrutement. Dans les PME, les deux fonctions sont souvent confiées à la même personne.